Première pierre posée le 20 octobre 1929 – Consécration (bénédiction solennelle) le 25 octobre 1931
Architecte : René Millot, ancien architecte en chef du ministère des Régions libérées (sélectionné sur concours).
A l’origine territoire de Ploemeur, Keryado devient une commune autonome en 1901, une paroisse en 1907, un quartier de Lorient en 1947.
En 1891, les capucins de Lorient décident de s’équiper d’une modeste église en bois placée sous le patronage de Saint-Joseph et surnommée la « Cabane ». « L’église n’était qu’une cabane en planches, sœur de toutes celles que l’on rencontre dans certains pays déshérités et que l’on érige provisoirement pour créer un nouveau centre religieux » (La Cabane, bulletin mensuel du Lisieux breton, n°175, juillet 1942).
Située entre les rues Pierre Huet et Saint-Joseph, l’église est bénie le 17 septembre 1893, elle devient église paroissiale en 1907. Dans les années 1930, elle sert de salle de cinéma. En 1943, elle est détruite lors d’un bombardement allié.

Ce n’est qu’au début du XXe siècle que la paroisse se dote d’une véritable église à la demande de Mgr Gouraud. Dans un style régionaliste breton, caractéristique par sa forme trapue ancrée dans le sol, sa vaste toiture en ardoise, des rampants saillants et, l’utilisation de la pierre (granit bleu provenant des carrières de Beg Runio et de Rustel à Quéven), l’église fait référence à une ligne architecturale rurale. Toute son ossature en ciment armé, s’apparente néanmoins à la modernité.
Le chantier est interrompu pendant la Seconde Guerre mondiale. Le clocher de 25 m de hauteur n’est achevé qu’en 1957. Il renferme aujourd’hui les trois cloches : Marie, Josèphe et Thérèse. A son sommet, est érigée une croix grecque, en souvenir de la croix découverte dans le sol d’implantation de la future église avant son édification. Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus (née à Alençon en 1873, décédée au Carmel de Lisieux en 1897) est canonisée en 1925. Placée sous son vocable, la nouvelle église devient en quelque sorte le « Lisieux breton ».

Intérieur
Clair et lumineux, l’intérieur de l’église s’articule autour d’une imposante nef recouverte d’une large voûte blanche reposant sur des colonnes de marbre.
L’édifice se déploie autour d’une grande nef (51 m de longueur 17 m de largeur et 11 m de hauteur sous voûte), avec des bas-côtés séparés de celle-ci par des piliers dotés de chapiteaux aux décors floraux. Un chemin de croix peint en 1936 court le long des bas-côtés, interrompu par une succession de six petites alcôves dans lesquelles sont placés des autels. La voûte du chœur est décorée d’une vaste mosaïque réalisée en 1941 qui remplace une fresque décorative figurant une draperie. Elle représente la première communion de Sainte-Thérèse et est attribuée à l’architecte Caubert (Lorient), à l’atelier de vitrail Mauméjean (Paris) et à l’entrepreneur Jagueneau (Vannes).
L’autel, taillé d’un seul bloc, est en granit de Parigné, il date de 1942. Il mesure 3,50 mètres et repose sur 8 colonnes de granit rose de Perros-Guirec. Il est consacré le 12 mars 1955. Un an auparavant, le Carmel de Lisieux faisait don d’une relique de la Sainte, scellée dans le maître-autel.
A l’origine, une statue de Sainte-Thérèse (de 2,80 m de hauteur), due au sculpteur lorientais M. Gouzien, était placée sur un socle au-dessus de l’église (Côté chœur). Jugée trop lourde (1,7 tonnes), elle fut déplacée en 1962. Aujourd’hui, une statue en granit rose de Ploumanac’h du sculpteur lillois Robert Coin, représentant Sainte-Thérèse de Lisieux, surmonte le portail du clocher.
Des vitraux figuratifs réalisés par les ateliers Mauméjean illustrent avec des couleurs chatoyantes la vie de Sainte-Thérèse de l’Enfant Jésus.

La chapelle Saint-Armel
La chapelle Saint-Armel appartenait autrefois au domaine de Tréfaven dont les chroniques mentionnent un oratoire réalisé en l’honneur de Saint Armel vers 1500. De taille réduite, elle accueillait difficilement plus de 200 fidèles. Le pardon annuel avait lieu le troisième dimanche de juillet. La chapelle Saint-Armel est détruite par des bombes incendiaires en 1943. Il n’en reste plus trace aujourd’hui (angle des rues Piriou et Marie Le Franc).
Animation de l’architecture et du patrimoine – ville de Lorient
